Comment utiliser des cartes de sophrologie dans ses séances ?
En séance de sophrologie, les cartes peuvent constituer un support simple et concret pour introduire une pratique, laisser davantage de place au choix ou aider une personne à retrouver les exercices qui lui correspondent.
Elles ne remplacent ni l’écoute, ni l’observation, ni l’adaptation du sophrologue. Elles viennent plutôt soutenir l’accompagnement en offrant un point de départ différent, plus visuel et parfois plus ludique.
Alors, comment intégrer des cartes de sophrologie dans ses séances tout en conservant un accompagnement personnalisé ?
Laisser la personne choisir son exercice
Nous pouvons avoir tendance, en tant que sophrologues, à sélectionner nous-mêmes les pratiques qui nous semblent les plus adaptées. Cette proposition reste essentielle, puisqu’elle s’appuie sur ce que la personne nous confie, sur ses besoins et sur notre observation.
Mais il peut aussi être intéressant de lui offrir une place plus active dans ce choix.
Vous pouvez, par exemple, sélectionner quelques cartes correspondant à l’intention de la séance, puis laisser la personne choisir celle qui l’attire le plus. Elle peut se tourner vers une pratique parce que son titre lui parle, parce qu’elle reconnaît un besoin ou simplement parce qu’elle a envie de l’expérimenter.
L’objectif n’est pas d’interpréter son choix ni de lui donner une signification particulière. Il s’agit surtout de lui permettre de participer à la construction de la séance et de développer progressivement sa capacité à identifier ce qui pourrait lui faire du bien.
Proposer un tirage en début de séance
Les cartes peuvent également être utilisées pour ouvrir la séance.
Après le temps d’échange, vous pouvez proposer à la personne de tirer une carte parmi une sélection préalablement choisie. La pratique découverte devient alors une première expérience, qui pourra être adaptée selon son état et ses besoins du jour.
Ce tirage peut servir de transition entre le temps de parole et le temps de pratique. Il apporte un cadre tout en laissant une petite place à la découverte.
Bien entendu, tirer une carte ne signifie pas que l’exercice doit absolument être réalisé. Si la proposition ne convient pas, si elle provoque un inconfort ou si elle ne correspond finalement pas à ce qui émerge pendant la séance, une autre pratique peut être choisie.
La carte reste une invitation, jamais une obligation.
Utiliser les cartes pour explorer les préférences
Toutes les personnes ne sont pas apaisées par les mêmes exercices.
Certaines apprécient les pratiques centrées sur la respiration. D’autres se sentent davantage soutenues par le mouvement, la sensorialité, la visualisation ou le relâchement corporel. Certaines ont besoin d’exercices courts et très concrets, tandis que d’autres aiment prendre plus de temps.
Les cartes permettent d’expérimenter plusieurs approches et d’observer ensemble :
- ce qui a été agréable ;
- ce qui a semblé accessible ;
- ce qui a demandé davantage d’effort ;
- ce que la personne aimerait refaire ;
- ce qui ne lui correspond pas actuellement.
Ces retours peuvent enrichir les séances suivantes et aider à construire une boîte à outils réellement personnalisée.
L’objectif n’est pas que chaque exercice fonctionne pour tout le monde. Il est justement de permettre à chacun de découvrir les pratiques qui lui conviennent le mieux.
Créer une sélection personnalisée
Plutôt que de présenter l’ensemble des cartes, vous pouvez composer une petite sélection en lien avec la thématique travaillée.
Pour une personne qui ressent beaucoup de stress, vous pourriez rassembler quelques pratiques autour de la respiration, du relâchement musculaire et de l’ancrage sensoriel.
Pour une personne envahie par ses pensées, vous pourriez sélectionner des exercices permettant de revenir aux sensations, à l’environnement ou au moment présent.
Cette sélection peut évoluer au fil de l’accompagnement. Certaines cartes seront conservées, d’autres mises de côté et de nouvelles pourront être introduites en fonction des besoins rencontrés.
Les cartes deviennent ainsi un support modulable plutôt qu’un programme figé à suivre dans un ordre précis.
Soutenir la pratique entre les séances
Une difficulté régulièrement rencontrée dans les accompagnements concerne la pratique en autonomie.
Une personne peut apprécier un exercice pendant la séance, puis ne plus se souvenir précisément de ses différentes étapes une fois rentrée chez elle. Elle peut aussi avoir plusieurs pratiques à sa disposition sans savoir laquelle choisir au moment où elle en ressent le besoin.
Faire le point sur les ressources découvertes
Les cartes peuvent aussi être utilisées à la fin d’un accompagnement.
Vous pouvez reprendre les différentes pratiques expérimentées et inviter la personne à identifier celles qu’elle souhaite conserver. Cette étape permet de rendre visibles les ressources découvertes au fil des séances.
Elle peut alors constituer sa propre sélection :
- les exercices qui l’aident à ralentir ;
- ceux qui lui permettent de relâcher les tensions ;
- ceux qu’elle utilise lorsqu’elle se sent submergée ;
- ceux qu’elle apprécie simplement parce qu’ils lui font du bien.
Ce temps de bilan permet de terminer l’accompagnement avec des repères concrets et adaptés à son quotidien.
Intégrer les cartes dans un atelier collectif
Dans un atelier de groupe, les cartes peuvent faciliter la découverte de plusieurs pratiques sans imposer le même exercice à tous les participants.
Vous pouvez installer différentes cartes dans l’espace et inviter chacun à en choisir une. Selon le temps disponible et la taille du groupe, les participants peuvent expérimenter leur pratique individuellement ou plusieurs exercices peuvent être découverts collectivement.
Les cartes peuvent également servir de support à un échange autour des besoins du moment : ralentir, retrouver de l’énergie, relâcher une tension, revenir à ses sensations ou s’accorder une pause.
Dans ce contexte aussi, il reste important de rappeler que chacun est libre d’adapter, d’interrompre ou de ne pas réaliser une pratique.
Conserver une utilisation souple
Un jeu de cartes peut apporter un cadre précieux, mais il gagne à rester un support vivant.
Une même carte pourra être utilisée différemment selon la personne, le contexte et l’intention de la séance. La durée pourra être modifiée, certaines étapes simplifiées et les consignes reformulées.
Il ne s’agit donc pas de tirer une carte au hasard et d’appliquer automatiquement ce qui est écrit. L’expertise du sophrologue reste indispensable pour sélectionner, expliquer et adapter la pratique.
Les cartes offrent une base. L’accompagnement, lui, continue de se construire dans la rencontre.
Un support pour enrichir sa pratique professionnelle
Utilisées avec souplesse, les cartes de sophrologie peuvent aider à diversifier les séances, soutenir l’autonomie et rendre les pratiques plus faciles à retrouver dans le quotidien.
C’est dans cette intention que j’ai créé le jeu de cartes de sophrologie : proposer des pratiques accessibles, réunies dans un support que les sophrologues peuvent utiliser en séance, intégrer à leurs ateliers ou transmettre à leurs clients selon leurs besoins.
Sa version numérique comprend les cartes dans plusieurs formats, afin de pouvoir les consulter, les imprimer et les intégrer plus facilement à sa pratique professionnelle.
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